ECOLO remet à l’heure les pendules ferroviaires !

Ce matin, 1er avril, les militants écologistes étaient présents en gare de Namur (avec Emily Hoyos, Cécile Barbeaux, Isabelle Gengler, Georges Gilkinet et Stéphane Hazée), Andenne (avec Hugues Doumont et Lionel Deltombe), Ciney (avec Patrick Dupriez et Antoine Mariage), Dinant (avec Géraldine Godart, Marie Lecocq et John-Laurent Nève), Gembloux (avec Laurence Dooms et Laurence Nazé) et Walcourt (avec Marc Chambeau et Saskia Jamar), pour remettre les pendules de la SNCB à l’heure. Pour les écologistes, le nouveau plan de transport de la SNCB aura des conséquences très négatives sur les navetteurs, particulièrement en milieu rural. Le réinvestissement de l’Etat fédéral dans le rail est une urgence.

Symboliquement, nous avons remplacé dans ces gares, les horloges de la SNCB par des horloges de… 64 minutes. Par ce clin d’œil en forme de poisson d’avril, ECOLO souhaite rappeler son attachement à la qualité du service au public, à des trains qui arrivent à l’heure et qui transportent le plus rapidement possible un maximum de navetteurs d’un point A à un point B.

Ce n’est malheureusement pas un poisson, mais la direction de la SNCB propose tout au contraire, dans le cadre de ce plan de transport dont les effets prendront au mois de décembre, pour que les trains arrivent à l’heure, d’allonger encore le temps de parcours. Ce faisant, la SNCB rend un mauvais service aux voyageurs qui, sur certains parcours, mettront plus de temps qu’en… 1935!

De même, le Gouvernement fédéral oblige la SNCB à travailler à enveloppe fermée : les améliorations dont bénéficieront certains navetteurs se feront au détriment des autres, particulièrement en milieu rural, tôt le matin ou tard le soir.

Des conditions de transport non-optimales

Si le train reste un mode de transport incomparable, la situation actuelle des navetteurs n’est pas pour autant optimale :

  1. 2013 a été l’année de tous les records en matière de retard sur le réseau ;
  2. pas moins de 20.000 trains ont également été supprimés au cours de cette année ;
  3. les petites gares sont délaissées au profit de travaux de prestige, à Liège ou à Mons ;
  4. les travaux du RER n’en finissent pas de ne pas aboutir et de voir leur finalisation reportée.

Tout cela, parce que pendant toute la législature fédérale comme au cours des deux précédentes, la SNCB n’a pas reçu suffisamment de moyens pour assumer correctement l’augmentation du nombre de voyageurs, restant une variable d’ajustement budgétaire pour le gouvernement Di Rupo.

Un plan de transport qui n’est pas satisfaisant pour le futur

Pour autant qu’on puisse en connaître le contenu, dès lors que les nouveaux horaires restent classés « secret défense », le nouveau plan de transport présenté par la SNCB, diminuera encore le service aux voyageurs, via la suppression de trains du matin et du soir et une moins bonne couverture des points d’arrêts ruraux.

Parmi les aspects positifs, on peut relever :

  1. la mise en service trois trains par heure entre Namur et Bruxelles et quatre par heure lors des pointes du matin et du soir ;
  2. la liaison directe vers Bruxelles à partir de Dinant (d’une part) et d’Andenne (d’autre part), qui limitera les difficultés liées à l’accouplement des trains en gare de Namur et améliorera le sort des navetteurs de la vallée de la Meuse ;
  3. la mise en place de trains P direct entre Bertrix (en passant par Beauraing, Houyet et Dinant, notamment) et Namur, le matin et le soir.

Par contre, les points négatifs sont nombreux :

  1. la suppression de trains du matin et du soir, qui pénaliseront durement les travailleurs et les étudiants ;
  2. la diminution du service sur les lignes rurales, notamment la ligne Charleroi-Couvin et la liaison L entre Namur et Ciney (avec l’annonce de la suppression provisoire des arrêts de Courrière, Assesse et Natoye, définitive de celle de Florée) ;
  3. l’absence totale de concertation avec les TEC Namur-Luxembourg.

Pour Ecolo, il est temps de remettre les pendules à l’heure ! C’est ce que nous avons fait ce matin dans les différentes gares de la province de Namur.

Des revendications concrètes

ECOLO réclame donc :

  1. la fixation par le Gouvernement fédéral d’un objectif d’augmentation du nombre de personnes transportées par le train et la mise à disposition de la SNCB des moyens nécessaires pour y parvenir ;
  2. une révision du Plan de Transport pour ce qui concerne l’amplitude de service et la couverture des points d’arrêts ruraux, en assurant les services du matin et du soir et en garantissant un service et un accueil de qualité dans les gares rurales ;
  3. une solution technique pour maintenir la desserte des gares sur la ligne 162 au-delà de Sart-Bernard, vers Ciney, pendant les travaux de modernisation de la ligne ;
  4. le maintien de la couverture horaire sur la ligne 132 entre Charleroi et Couvin, tant en terme d’amplitude de service que de nombre de trains par heure ;
  5. une concertation rapide et complète avec les TEC pour ce qui concerne les horaires qui seront d’application à partir du mois de décembre, dans le cadre de ce nouveau Plan de Transport.

Doubler le nombre de voyageurs transportés par rail d’ici 10 ans

Pour ECOLO, plutôt qu’une variable d’ajustement budgétaire, le rail doit revenir une priorité politique, au service de la mobilité des travailleurs, des étudiants et des citoyens, y compris en milieu rural.

Le rail a un rôle primordial à jouer dans la mobilité domicile-travail et domicile-école, non seulement en tant que moyens de déplacement pour les citoyennes et les citoyens qui sont ponctuellement ou régulièrement non motorisés mais également en tant que transports « de masse » seuls à même de garantir une offre de mobilité suffisante (en capacité) au plus fort des navettes matinales et de fin de journée.

Pour ECOLO, les politiques de mobilité ferroviaire n’ont cependant pas pour seul et unique objectif de garantir l’accessibilité des pôles d’emplois et d’éviter la paralysie du réseau routier pendant les heures de pointe. L’offre de mobilité doit pour cela être elle-même diversifiée et coordonnée de manière à permettre à un maximum de gens de se déplacer sans pour autant posséder ou utiliser leur propre voiture.

A titre d’exemple, 400.000 voitures, provenant principalement de Flandre et de Wallonie, circulent quotidiennement dans Bruxelles. Le potentiel de report modal de la voiture vers le rail reste énorme. En dégageant de nouveaux moyens et en coordination avec l’ensemble des transports publics, nous pourrons doubler d’ici 10 ans la fréquentation du rail en assurant service et confort aux voyageurs. C’est clairement l’objectif d’ECOLO.

Stéphane Hazée et Patrick Dupriez, députés wallons

Georges Gilkinet, député fédéral

 

Notre action à Andenne,  en image 

 

 

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