Pour la deuxième fois en moins de deux ans, Électricité de France (EDF) a été condamnée pour le rejet d’acide sulfurique dans la Meuse à proximité de la centrale de Chooz. Compte tenu des dommages causés, Ecolo salue cette décision de la Justice française et appelle les autorités belges, tant la Région que l’État fédéral, à se montrer particulièrement vigilantes par rapport à cette centrale, véritablement enclavée en territoire namurois, d’autant plus au regard des nouvelles informations communiquées au Parlement fédéral ce mercredi.

Ce 21 janvier, le Tribunal de police de Charleville-Mézières a reconnu EDF coupable de déversement incontrôlé de produit chimique dans la Meuse le 2 juillet 2013 et l’a condamnée au versement de plusieurs milliers d’euros d’amende et au versement de dommages et intérêts. Pour rappel, une fuite provenant du circuit de traitement antitartre de la centrale avait provoqué le déversement de 80 litres d’acide sulfurique dans la Meuse. EDF n’en est malheureusement pas à son coup d’essai puisqu’en décembre 2011, ce sont entre 250 et 600 litres d’acide sulfurique qui avaient été déversés par jour dans la Meuse… pendant 23 jours. Suite à une plainte du Réseau « Sortir du nucléaire », EDF avait déjà été condamnée pour ce déversement en juillet 2014.

EDF choisit malheureusement de minimiser la portée de ces incidents. Ainsi, le 2 juillet 2014, le directeur de la centrale déclarait devant le tribunal que « tous les deux jours, on reçoit à Chooz un camion-citerne qui nous livre de 10 à 15m³ d’acide sulfurique utilisé pour traiter le tartre des tours réfrigérantes, puis cet acide est rejeté dans la Meuse, en toute légalité ». Cette légèreté est inacceptable et on ne peut que saluer la sévérité du jugement rendu par la justice française.

Pour Stéphane Hazée, député wallon, qui avait interrogé le Ministre Di Antonio sur le sujet en septembre dernier, « il est indispensable que les autorités belges fassent preuve d’une vigilance accrue par rapport à la manière dont est gérée la centrale de Chooz et aux conséquences environnementales et sanitaires de cette gestion pour les citoyens belges ».

C’est justement ce mercredi qu’est présentée à la Chambre une étude sur la préparation de la Belgique au risque nucléaire. « L’étude réalisée par le l’Acro, une association française de recherches indépendantes, confirme de façon implacable la conviction, déjà maintes fois exprimée par les écologistes que notre pays est insuffisamment préparée à un accident nucléaire de grande ampleur. Les incidents successifs intervenus à Chooz, s’ils sont mineurs, démontrent quant à eux que contrairement à ce que veulent nous faire croire les lobbys pro-nucléaires, relayés avec zèle par certains responsables politiques, le nucléaire n’est pas une énergie sûre », ajoute Georges Gilkinet, Député fédéral.

Pour les Verts, il est plus que jamais nécessaire pour la Belgique de modifier fondamentalement son approche en matière nucléaire et, dans l’intervalle, d’exercer la plus grande vigilance quant aux choix posés pour le futur à Chooz ou ailleurs. Soutenir les filières économiques actives dans l’énergie renouvelable et réduire la consommation énergétique plutôt qu’investir dans une source d’énergie du passé, c’est clairement la voie de l’alternative.

Stéphane Hazée
Chef de groupe au Parlement wallon

Georges Gilkinet
Député fédéral

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