La Saint-Valentrain rassemble, depuis 14 ans, élus et militants Ecolo, aux abords des gares de Wallonie et de Bruxelles, afin d’aller à la rencontre des « amoureux des transports en commun » et de leur offrir un petit cadeau en guise de remerciement.

Ce matin, pour remercier les navetteurs, nous avons distribué dans 31 gares et points d’arrêt namurois1 un jeu de l’oie dont le pion est un chocolat…. Ce jeu de l’oie est un clin d’œil aux galères quotidiennes mais aussi aux moments sympas que les navetteurs peuvent vivre en prenant le train. Il introduit également nos propositions pour rendre le rail plus accessible et plus accessible à tous.

Cette « Saint-Valentrain » s’inscrit dans un contexte particulier. Comme nous le craignions l’année dernière, le nouveau plan de transport SNCB complique la vie de nombreux navetteurs : suppression de trains, diminution des places assises, augmentation du temps de parcours quotidien, problèmes de ponctualité,…

Comme les autres régions, notre province paye aussi les conséquences de ce plan de transport qui, s’il contient certaines améliorations en termes de dessertes vers les grandes villes, touche durement les navetteurs ruraux, notamment dans le Sud de la Province, tandis que les économies importantes exigées par le gouvernement fédéral ralentiront – encore davantage – les travaux sur la ligne 161-162. A cela, il faut ajouter la menace qui pèse sur la desserte internationale de Namur.

Un nouveau plan de transport qui réduit la qualité du service pour de nombreux navetteurs namurois

En août dernier, le gouvernement Di Rupo (PS-MR-CDH-CD&V-VLD-SPA) adoptait – lors d’une réunion électronique ! – un nouveau plan de transport, présenté à l’époque comme une réponse à des besoins d’un « service plus fiable, avec des horaires plus cohérents et davantage cadencés ». Près de deux mois après la mise en place effective de ce plan (le 14 décembre), la plupart des navetteurs confirmeront qu’on est loin du compte.

Le nouveau plan de transport a été synonyme de nombreux reculs. Parmi ceux-ci, on peut pointer :

– un manque d’ambition et de volonté de séduire de nouveaux voyageurs ;

– la diminution de l’offre par la réduction des amplitudes : moins de trains le matin tôt et le soir tard, particulièrement en milieu rural, ce qui pénalise lourdement les travailleurs et les étudiants ;

– un accroissement de certains temps de parcours, qui pèse lourdement sur le vécu quotidien des navetteurs ;

– la non-coordination des horaires de train, ce qui rend particulièrement inconfortable et peu performant nombre de correspondances auxquels sont contraints nombre de navetteurs.

Namur, une capitale délaissée au niveau ferroviaire 

Malgré son statut de capitale wallonne, son rôle central à la croisée des deux axes Bruxelles-Luxembourg et de la dorsale wallonne, la situation de Namur sur le plan ferroviaire est loin d’être enviable : avant-dernière place dans le classement des grandes gares sur le plan de la ponctualité, report de la fin de travaux sur la ligne Bruxelles-Luxembourg, disparition possible du Thalys wallon,…

Selon les statistiques de ponctualité relatives au mois de décembre 2014 (les dernières disponibles), seule la gare de Liège-Guillemins est plus mal lotie que Namur où le pourcentage de trains accusant plus de 6 minutes de retard est de 20,6 %. Les chiffres relatifs à la ligne Bruxelles-Midi-Luxembourg sont quant à eux tout bonnement catastrophique puisque 53,3 % des trains étaient en retard.

Cette situation s’explique – au moins partiellement – par les importants travaux entrepris par Infrabel sur cette ligne. Malheureusement, la fin de ces travaux est renvoyée aux calendes grecques en réseau des économies colossales exigées des opérateurs du rail par le nouveau gouvernement fédéral (2,1 milliards d’euros sur l’ensemble de la législature). puisque dans le gestionnaire du réseau a annoncé en décembre qu’« une pause, dont l’ampleur reste à déterminer, sera opérée dans les grands chantiers wallons: axe Namur-Luxembourg et travaux RER ».

L’avenir de la desserte internationale de Namur suscite à juste titre l’inquiétude. Dans le cadre du plan d’économie imposé à la SNCB, une éventuelle suppression du Thalys Bruxelles-Ostende, peu fréquentée, est envisagée. Dès lors que certains décideurs du Nord du pays lient l’avenir des deux lignes, cette suppression pourrait entrainer également la fin de liaison Charleroi-Namur-Liège qui draine un public beaucoup plus large. Nous ne pouvons accepter cette perspective !

A côté de cela, une autre liaison internationale est menacée, la liaison Bruxelles-Namur vers Luxembourg et Strasbourg. Depuis 1982, cet axe est pourtant inscrit dans le réseau prioritaire transeuropéen de transport mais contrairement aux autres lignes inscrites dans ce réseau, elle est liaisonnée par une ligne de médiocre qualité. Le projet de train pendulaire qui était censé relier Bruxelles à Luxembourg, Strasbourg et Bâle a quant à lui été abandonné en raison du retrait de la société ferroviaire suisse en mai dernier. La volonté de la SNCF de lancer deux liaisons TGV vers Strasbourg au départ de Bruxelles via Lille et Paris portera, si rien ne change, un nouveau coup sévère au caractère international de la ligne Bruxelles-Luxembourg-Strasbourg. En septembre dernier, était notamment évoquée l’obligation d’une rupture de charge à Luxembourg. Nous dénonçons ce choix !

Choisir une autre voie pour la SNCB !

En 15 ans, le nombre de navetteurs a plus que doublé ! Ce succès a été rendu possible par le plan de mobilité mis en œuvre par Isabelle Durant lorsqu’elle était Ministre des Transports de 1999 à 2003. La suite fût moins glorieuse.

Les Gouvernements regroupant PS, MR ou CDH ont préféré faire (déjà!) de la SNCB un outil d’ajustement budgétaire plutôt qu’une entreprise au service de la mobilité. Et pourtant, le rail nous permet chaque jour d’éviter l’émission de milliers de tonnes de gaz à effet de serre, et réduit la congestion et ses coûts pour l’économie.

Cependant, force est de constater que le Gouvernement fédéral et la SNCB restent sourds aux demandes des navetteurs, contraints de voyager dans des trains de plus en plus remplis et pas assez ponctuels. Si le personnel de la SNCB fait le maximum, il ne peut pallier le manque d’investissements dans le maintien de la qualité des services. Le désinvestissement dans le rail n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques posés par les familles politiques traditionnelles. Dans le cadre du budget alternatif qu’ils ont présenté en décembre dernier, Ecolo et Groen ont démontré qu’il était possible de dégager des moyens pour booster le rail.

Ecolo demande dès lors de procéder à un audit de l’état du réseau et de la gestion de la SNCB pour investir au plus juste. Par ailleurs, le plan de transport de la SNCB passe à côté des enjeux de mobilité de notre temps. Il doit être revu.

 

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