En 2015, le monde politique reste fort masculin. La composition des collèges communaux, le lieu à partir duquel nos communes sont gérées au jour le jour, en atteste. Á l’échelle wallonne, la proportion de femmes parmi les bourgmestres, échevins et présidents de CPAS est seulement de 28,5 %. En province de Namur, elle est encore plus faible, atteignant à peine 27 %. Ce chiffre est toutefois une moyenne qui cache des situations encore plus masculines. Pour répondre à ce déséquilibre, Ecolo a déposé une proposition de décret visant à assurer la présence d’au moins 1/3 de représentants de chaque genre dans chaque collège, dont la discussion vient de débuter au Parlement wallon.

La participation des femmes et des hommes au sein de nos institutions est un enjeu essentiel et légitime pour des raisons tout simplement démocratiques. Un chemin important a été accompli en la matière durant ces dernières décennies, mais cette évolution s’est rarement produite de façon naturelle et c’est à travers les quotas fixés par la législation que les pratiques ont pu évoluer. En parallèle, un travail de longue haleine est également nécessaire afin de lutter contre les stéréotypes qui continuent à dominer dans la société, et ce, dès le plus jeune âge.

Pour garantir une représentation équilibrée entre femmes et hommes, Hélène Ryckmans et Stéphane Hazée, députés wallons Ecolo, viennent de déposer une proposition de décret visant à ce qu’à partir des élections communales de 2018, chaque collège compte au moins 1/3 de femmes et 1/3 d’hommes.

Des progrès ont déjà été engrangés pour assurer la parité. Ainsi le législateur est déjà intervenu pour la confection des listes électorales, avec l’alternance sur les deux premières places, puis la parité sur la globalité des places, puis plus récemment, à travers une proposition de décret initiée par Ecolo et qui a pu rallier l’unanimité en 2013, l’alternance sur l’ensemble de la liste (à partir de 2018). Le législateur est également intervenu pour la composition des collèges, mais avec une obligation minimaliste, à savoir la présence d’au moins un homme et au moins une femme dans le collège de chaque commune.

Dans les 38 communes de la province de Namur, les collèges communaux (bourgmestres, échevins et présidents de CPAS) comptent en moyenne à peine 27,31 % de femmes contre 72,69 % d’hommes. Des communes comme Ciney, Dinant ou Sambreville sont conduites par des exécutifs comprenant une seule femme parmi ses sept membres. Bref, il reste du chemin à parcourir !

La proposition des écologistes a été débattue une première fois il y a quelques jours en commission des Pouvoirs locaux du Parlement wallon. Dans les prochaines semaines, les Verts tenteront de faire progresser notre proposition de décret. En ce sens, ils ont aussi demandé au Gouvernement de solliciter l’avis du Conseil wallon de l’Égalité entre hommes et femmes sur cette proposition.

Comme chaque année, la journée internationale des femmes donne lieu, autour du 8 mars, aux meilleures déclarations de bonnes intentions. En même temps, certains clichés les plus machistes continuent à être véhiculés au Parlement mais aussi dans nos communes, comme l’actualité récente l’a encore illustré, Dans ce contexte, Ecolo estime qu’il est temps de poser un nouveau jalon qui permettra de continuer à faire progresser la parité hommes / femmes dans nos communes pour le scrutin de 2018.

Stéphane Hazée

Chef de groupe au Parlement wallon

Hélène Ryckmans

Députée wallonne

La composition des collèges dans les 38 communes namuroises

20150305 Parité des collèges communaux en Province de Namur

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