20160215 Saint-Valentrain - 1000

Des routes embouteillées, ça nuit tant au climat qu’à l’économie et ça met tout le monde de mauvaise humeur. Le train, tout au contraire, cela peut être – cela doit être – la mobilité pour tous, la convivialité et un impact limité sur l’environnement. Tout cela est aujourd’hui une évidence… sauf pour la majorité fédérale.
En effet, le Gouvernement Michel a choisi de poursuivre les mauvais choix du Gouvernement Di Rupo et de désinvestir plus massivement encore le rail, comme en témoignent la fin sans cesse reportée des travaux sur la ligne Bruxelles-Luxembourg-Namur, la fermeture de nombreux guichets, la réduction de l’offre sur les petites lignes, etc. Les atermoiements de la Ministre des Transports, Jacqueline Galant, autour du RER ces derniers jours, ne font que renforcer cette certitude que le rail n’est décidément pas une priorité pour le gouvernement fédéral.
Pour remercier les voyageurs qui font le choix de la mobilité ferroviaire, les écologistes étaient présents ce lundi 15 février dans 28 gares et points d’arrêt en province de Namur. C’est la 16ème année consécutive qu’Ecolo organise la Saint-Valentrain. Nous leur proposions cette année un chocolat, pour accompagner en douceur leur trajet du matin, qui n’est pas toujours rose.
Pour les écologistes namurois, c’est aussi l’occasion de faire le point sur l’actualité des derniers mois en matière ferroviaire et de rappeler nos propositions en la matière.

1. Des travaux interminables sur la ligne Luxembourg-Namur-Bruxelles

En desservant plus de 2 millions d’habitants, les lignes 161 et 162 constituent un outil de mobilité incontournable. Sur cet axe, les gares de Namur, Ciney et Gembloux drainent à elles trois 150.000 usagers chaque jour !
Ces navetteurs subissent malheureusement des temps de parcours toujours plus longs que dans le passé ; l’amélioration de la ponctualité en 2015 dont s’est récemment targuée la SNCB s’explique surtout par une modification – et un allongement – des horaires. Ainsi, comme le relève l’étude de la Cellule ferroviaire du SPW, des minutes dites « travaux » ont été ajoutées à plusieurs reprises sans jamais être récupérées. Concrètement, entre 2000 et 2014, les temps de parcours entre Luxembourg et Bruxelles-midi ont ainsi augmenté de 20 minutes pour les trains IC classiques et de 20 à 30 minutes pour les trains internationaux !
Ces travaux ont également entraîné la suppression des trains omnibus entre Ciney et Assesse durant la semaine, une mesure qui touche principalement mais pas uniquement les étudiants. Même si une navette de bus a été mise en place, le retour à la normale doit être le plus rapide possible.
Au Parlement mais aussi au sein du comité de concertation AXUD, Ecolo a réclamé que la SNCB valorise les travaux déjà réalisés afin de permettre une amélioration du trafic (les trains pourraient déjà rouler plus rapidement sur les tronçons finalisés, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui) et finalise rapidement les travaux encore en cours. La modernisation de cette ligne est clairement une priorité majeure pour Ecolo !

2. Des services rabotés, des parkings payants

2015 a vu la SNCB poursuivre sa politique de fermeture de guichets. La province de Namur, comme d’autres régions rurales a été particulièrement touchée puisqu’on ne trouve désormais plus de personnel d’accueil à Walcourt, Beauraing, Jemeppe-sur-Sambre et Yvoir tandis que le guichet de Mariembourg devrait connaître le même triste sort en 2016. Á Jemelle, seuls les automates accueillent désormais les navetteurs l’après-midi et en soirée. Ces économies de bouts de chandelle décidées par ceux qui dirigent la SNCB, outre le fait qu’elles touchent l’emploi, rendent aussi les gares moins confortables et moins sûres, avec le risque d’une dégradation des bâtiments comme on a pu le voir à Assesse ou à Godinne par exemple. La SNCB doit en tout cas dialoguer avec les communes pour permettre l’ouverture ou la réouverture de lieux d’accueil (comme en gare de Lustin, à l’initiative de la majorité communale et d’Ecolo), la création de logements ou de services dans les gares elles-mêmes, afin d’y assurer de la vie, de la convivialité et la sécurité.
Á Ciney, les travaux visant la fermeture du passage à niveau au profit d’un pont au-dessus des voies ont eu pour conséquences la réduction très importante du nombre de places sur l’ancien parking et la mise en place d’un parking provisoire peu confortable pour les navetteurs. Si ce désagrément est provisoire, c’est surtout au passage à une formule payante pour le futur parking que les écologistes cinaciens, dans l’opposition, se sont opposés en portant une motion qui a pu être adoptée à l’unanimité au Conseil communal. Même si la Ministre Galant semble – ici aussi – enfermée dans ses certitudes, faisant fi de la réalité locale, Ecolo continuera à maintenir la pression tant au niveau local qu’au Parlement.
Enfin, dans l’arrondissement de Philippeville, le maintien de la gare de Couvin malgré les travaux du contournement et les aménagements projetés dans le centre-ville retient toute l’attention des écologistes. C’est dans ce contexte que Georges Gilkinet s’est inquiété auprès de la Ministre de la limitation d’un convoi par jour en gare de Mariembourg… afin de s’assurer que cela ne soit pas annonciateur de réduction voire d’une suppression des trajets jusque Couvin.

3. Le Thalys wallon: une suppression qui isole Namur

Le 1er avril 2015, il a été mis fin – provisoirement ? – à la liaison Thalys qui reliait Liège à Paris en passant par Namur, Charleroi et Mons. C’est une nouvelle conséquence des coupes décidées par le gouvernement fédéral dans les moyens accordés à la SNCB. Sans desserte wallonne, les utilisateurs du Thalys doivent donc passer par Bruxelles, ce qui peut doubler leur temps de parcours jusque Paris et augmenter le coût du voyage, sans compter les risques de manquer son train en raison de la rupture de charge et des retards sur le réseau SNCB.
Cette ‘suspension’ a finalement été justifiée en raison de travaux à entreprendre sur le tracé. Ces travaux sont à présent terminés. Il convient donc que cette liaison soit rétablie !
Tout en continuant à insister pour que cette liaison soit rouverte au plus tôt, Ecolo, par la voix de Stéphane Hazée a également appelé le Ministre wallon en charge du suivi des dossiers ferroviaires à la plus grande attention sur les autres connexions internationales.
Il y a d’une part la menace posée sur la liaison internationale vers Strasbourg et Bâle, qu’il faut neutraliser. Il y a d’autre part les enjeux plus prospectifs, comme par exemple  l’éventualité d’un prolongement de la desserte ferroviaire entre Paris et Maubeuge jusque Charleroi et Namur. Cette piste est portée par la commission « Train d’équilibre du territoire d’Avenir » qui réunit des élus français à l’initiative du Gouvernement. Il s’agirait en quelque sorte de renouer avec la situation qui préexistait à l’arrivée du TGV sur cette partie de la dorsale wallonne puisque les gares de Charleroi et de Namur disposaient alors de sept liaisons directes par jour avec Paris.

4. Le projet d’Ecolo: un contrat ambitieux pour le rail, la mobilité et le climat!

Pour Ecolo, le rail doit cesser d’être la variable d’ajustement du budget fédéral. Un nouveau contrat de gestion doit être conclu cette année entre l’État fédéral, Infrabel et la SNCB. C’est l’occasion de passer à un véritable contrat de service, qui place le voyageur au centre des préoccupations. Avec quels moyens? Dans le budget alternatif qu’ils ont proposé en début de législature, Ecolo et Groen prévoyaient 1,7 milliards d’euros supplémentaires pour le rail d’ici la fin de la législature fédérale. Une meilleure gouvernance de la SNCB et d’Infrabel et des gains de productivité doivent permettre de dégager 1,1 milliard d’euros au profit des voyageurs sur la même période.
Avec cette enveloppe, les Verts proposent une série d’objectifs et mesures concrètes:

  • Augmenter le nombre de voyageurs-kilomètres de 4% chaque année.
  • Augmenter le nombre de trains-kilomètres afin d’absorber la hausse du nombre de voyageurs, ce qui renforcera également l’attractivité du train.
  • Accroître le nombre de places assises en heure de pointe.
  • (Ré)investir dans le maintien de capacité pour assurer la ponctualité sur l’ensemble du réseau et la survie de certaines lignes. De l’aveu de la SNCB, une moyenne de 23 % de ces trains sont indisponibles pour cause de panne ou d’entretien.
  • Améliorer les temps de parcours et la vitesse commerciale des trains et élargir l’amplitude horaire et les fréquences. Sur les grands axes : des trains de 5h à 1h, tous les 1/4 d’heure. Ailleurs, de 6h à 22h toutes les 30 minutes.
    Instaurer le cadencement en réseau partout où c’est possible et finaliser le RER au plus vite .
  • Maintenir un coût du transport ferroviaire compétitif par rapport au coût de l’utilisation d’une voiture.
  • Améliorer l’accueil des voyageurs  au sein des gares et points d’arrêts/
  • Augmenter la ponctualité (95 % de ponctualité pondérée) et améliorer de l’information, toujours dans une optique de facilitation de l’outil par les usagers.

5. Conclusion : le train doit redevenir « tendance » !

La voie choisie par le gouvernement fédéral de désinvestir le rail n’est pas une fatalité. Il s’agit d’un choix politique à courte vue, d’une aberration économique, sociale et environnementale. Le cadeau fiscal accordé aux voitures de société par exemple (plus de 4 milliards d’euros par an) démontre que des marges budgétaires existent pour une autre mobilité. Cette alternative est possible. Elle est même indispensable au vu des enjeux du dérèglement climatique, de la pollution de l’air ou de la congestion du réseau routier.
C’est le sens de l’action des écologistes quand ils sont à la manœuvre, sous le gouvernement arc-en-ciel, avec Isabelle Durant, mais aussi aujourd’hui notamment en Wallonie (avec la création d’une cellule rail et la volonté de définir une vision wallonne du rail), à la ville de Namur où ils favorisent l’intermodalité ou à Profondeville en obtenant la réouverture d’un local pour les navetteurs.
Le train, ses voyageurs quotidien ou occasionnels, est et restera une priorité pour les écologistes. C’est ce que nous avons rappelé ce matin, à l’occasion de la Saint-Valentrain !

Patricia Grandchamps, Échevine de la Mobilité à Namur
Georges Gilkinet, Député fédéral
Albert Mabille, Secrétaire régional

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