Ecolo relève une série d’incohérences quant à la mise en place de l’étude environnementale liée au dossier de cas de cancers à Fernelmont. Du choix des experts, au manque de transparence en passant par un territoire d’étude restreint, la Région wallonne n’a-t-elle pas conscience de l’ampleur des enjeux de santé environnementale ?

Le 4 octobre 2016, une première motion a été adoptée à l’unanimité, demandant d’informer les communes proches de Fernelmont et leurs médecins généralistes de la mise en place d’une étude approfondie et de ses termes de référence. Ce qui n’a pas encore été fait. Une autre motion a été déposée le 17 janvier, qui (re)demandait au Gouvernement wallon « de communiquer sans délai à toutes les communes de Hesbaye et aux médecins de ces communes la mise en œuvre d’une étude approfondie sur la suspicion de cluster de cancers; la composition de l’équipe de chercheurs ; (mais aussi) de mettre en place, par souci de transparence, un comité d’accompagnement notamment composé de médecins et de citoyens ».

« Nous constatons que la première motion n’est pas respectée, indique Hélène Ryckmans qui a interpellé cet après-midi le ministre Prévot. Il y a une série d’incohérences entre ce qui devrait être fait et ce qui est fait, alors qu’il s’agit ici de la santé des gens ! C’est inacceptable et injustifiable. Dans la foulée de mon interpellation, j’ai déposé une nouvelle motion pour une meilleure information vers toutes les communes de Hesbaye, afin d’informer et d’entendre les habitants et pour plus de transparence dans la méthodologie. »

En effet, Hélène Ryckmans déplore un manque de transparence et de cohérence :

  1. L’équipe de chercheurs mandatés pour mener une étude sur Fernelmont compte des personnes impliquées précédemment dans le suivi sanitaire autour du scandale de la décharge de Mellery dans les années 1984 et 1985, suivi qui fut un échec évident. « Je m’interroge , dit Hélène Ryckmans : comment les enseignements d’une telle affaire des critiques dans sa gestion, il y a plus de 35 ans, sont-ils, le cas échéant, pris en compte ? »
  2. L’étude se limite à Fernelmont/Cortil Wodon
    Le Gouvernement wallon refuse de prendre en compte l’importance de cerner l’ensemble des risques liés aux pollutions, de tout type, auxquelles sont soumis les habitants en Hesbaye, au délà de Cortil Wodon, comme le demande d’ailleurs la commune de Wasseiges, et leurs éventuels effets joints.
  3. Le manque d’information
    Les autorités et médecins d’autres communes potentiellement concernées ne sont pas informés de l’étude qui va être menée alors qu’elles sont potentiellement concernées (Burdine, Héron, Eghezée, Namur et Andenne). Le ministre dit s’en tenir à la presse, heureusement alertée ! A ce stade, aucune information n’a été donnée sur la méthodologie qui sera appliquée, les questions qui seront posées ni vers qui les résultats de cette enquête seront transmis.En outre, le ministre a décidé de rencontrer ce mardi soir les médecins des cercles de 4 communes et les membres du seul Collège communal de Fernelmont. « Où est la concertation ? La population doit pouvoir être entendue et avoir accès à l’information ! »
  4. L’absence d’un comité de suivi associant autorités, riverains et médecins.
    Les populations exigent une meilleure information sur les dangers des pesticides et demandent aux autorités la mise en œuvre concrète et réelle du principe de précaution.  «  La décision du ministre de ne pas mettre en place ce comité est à ce stade totalement injustifiable »

Hélène Ryckmans

Députée régionale

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