Ce lundi 8 mai, 80 citoyens ont répondu à l’invitation des écologistes de l’arrondissement de Philippeville à se pencher sur le préservation de l’activité commerçante dans les centres-villes. Il s’agit d’un sujet d’actualité au vu des projets de centres commerciaux qui se développent en périphérie de nos villes comme à Couvin ou Philippeville.

Pour commencer, la parole a été donnée à Guénaël Devillet, Directeur du SEGEFA. Fin 2016, ce service de l’Université de Liège tirait un constat alarmant sur la vitalité des centres commerçants des villes wallonnes. Dans notre région aussi, les résultats sont considérés comme médiocres à Chimay et Couvin voire carrément mauvais à Dinant. La conclusion du professeur Devillet est sans équivoque : « l’offre commerciale était globalement suffisante : tout ce qui se crée de neuf (souvent en périphérie) se perd ailleurs (souvent au centre) ».

Il a ensuite été question du diagnostic commercial du centre-ville de Couvin avec Delphine Frennet, la directrice de l’UCM Namur qui a réalisé une étude sur le sujet. Alors que la création de 11 000 m² de surface commerciale est à l’étude en dehors du centre de Couvin, le constat est que les commerces actuels sont en souffrance et qu’il est nécessaire de redynamiser l’attractivité commerciale du centre de la ville. Une recommandation qui, à n’en pas douter vaut également pour d’autres villes.

Durant l’échange qui a suivi, les deux experts ont mis les édiles de Philippeville présents en garde par rapport au projet d’implanter une zone commerciale de 45 000 m². En effet, l’arrivée de nouveaux commerces ne fera que renforcer la concurrence à l’intérieur de la commune mais aussi avec les cités voisines. Cela conduira immanquablement à la disparition d’enseignes existantes. La volonté affichée par le collège d’améliorer la mobilité vers le centre-ville ne suffira pas si les commerçants ont – contraints ou forcés – abandonné la Place d’Armes et ses environs.

Pour Patrick Dupriez, le coprésident d’Ecolo qui concluait la soirée, « L’organisation du commerce détermine profondément le visage d’une ville. Il est indispensable que les habitants, les commerçants et les politiques puissent réfléchir ensemble à un projet de développement harmonieux qui respecte les intérêts des uns et des autres».

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